
La pose de bordures représente un investissement essentiel dans l’aménagement paysager et urbain, qu’il s’agisse de délimiter un parking, une allée piétonne ou un massif fleuri. Ce marché, évalué à plus de 850 millions d’euros annuellement en France, connaît une croissance soutenue de 3,2% par an selon les dernières données du Syndicat national des entreprises de terrassement. Les propriétaires particuliers comme les collectivités locales cherchent aujourd’hui à optimiser leurs budgets tout en respectant les normes techniques en vigueur.
Les tarifs de pose varient considérablement selon le type de bordure choisi, la complexité du terrain et la région d’implantation. De 15€ le mètre linéaire pour une bordure béton standard à plus de 85€ pour des finitions haut de gamme en pierre naturelle, l’éventail des prix reflète la diversité des matériaux et techniques disponibles. Cette variabilité nécessite une approche méthodique pour évaluer précisément le coût de votre projet d’aménagement.
Types de bordures et matériaux : impact direct sur le coût au mètre linéaire
Le choix du matériau constitue le premier facteur déterminant dans l’établissement du budget de pose de bordures. Chaque famille de produits présente des caractéristiques techniques spécifiques qui influencent directement les modalités d’installation et par conséquent, le prix final. Cette diversité permet d’adapter la solution à chaque contexte d’usage, du simple aménagement de jardin aux infrastructures routières lourdes.
Bordures béton préfabriqué T1 et T2 : tarification selon les dimensions standardisées
Les bordures en béton préfabriqué représentent 68% du marché français selon l’Association nationale des industries du béton. Les modèles T1, d’une hauteur de 15 cm, affichent des prix de fourniture oscillant entre 3,50€ et 7€ le mètre linéaire selon la qualité du béton et les finitions. Ces bordures conviennent parfaitement aux aménagements légers tels que les allées de jardin ou les espaces de stationnement résidentiel.
Les bordures T2, plus imposantes avec leurs 20 cm de hauteur, nécessitent un investissement supérieur de 15 à 25% par rapport aux T1. Leur prix varie de 5€ à 10€ le mètre linéaire, justifié par une résistance accrue aux charges et aux intempéries. Ces modèles s’imposent naturellement pour les voiries urbaines et les zones à fort trafic piétonnier.
La normalisation des dimensions facilite la pose et optimise les coûts de transport, représentant jusqu’à 20% d’économies sur les chantiers de grande envergure.
Bordures granit et pierre naturelle : calcul du prix selon la provenance et la finition
Le marché des bordures en pierre naturelle connaît un regain d’intérêt, particulièrement dans les centres historiques et les projets paysagers haut de gamme. Le granit breton, référence qualitative nationale, affiche des tarifs de 25€ à 45€ le mètre linéaire selon les dimensions et la finition choisies. Cette pierre volcanique offre une durabilité exceptionnelle, avec une résistance au gel supérieure à 150 cycles selon les tests NF EN 1341.
Les granits d’importation, principalement asiatiques, proposent une alternative économique avec des prix débutant à 18€ le mètre linéaire. Toutefois, la variabilité qualitative impose une
attention particulière à l’origine des blocs, aux certificats de performance et à la régularité des teintes. Les pierres calcaires locales, très présentes en Bourgogne ou en Provence, affichent des tarifs compris entre 20€ et 35€ le mètre linéaire, mais nécessitent parfois un traitement hydrofuge supplémentaire qui peut ajouter 3€ à 6€ par mètre posé. Plus la finition est soignée (bouchardée, flammée, adoucie), plus le coût de la bordure augmente, de l’ordre de 15 à 30% par rapport à une finition brute de sciage.
Pour une estimation globale de prix de pose de bordures en pierre naturelle, il faut intégrer le surcroît de main-d’œuvre lié au poids des éléments et à la précision exigée. Les modules de granit peuvent peser de 60 à plus de 100 kg, imposant souvent une manutention mécanisée. Sur un chantier standard, le coût de pose d’une bordure granit peut varier de 50€ à 85€ le mètre linéaire, fourniture et pose incluses, selon la complexité du tracé et la nature du support. En contrepartie, la durée de vie dépasse largement les 50 ans, ce qui en fait un investissement intéressant à long terme.
Bordures métalliques acier corten et aluminium : coûts de fourniture et spécificités techniques
Les bordures métalliques en acier Corten et en aluminium se développent fortement dans les projets contemporains et les jardins design. L’acier Corten, reconnaissable à sa patine rouille stable, est proposé entre 15€ et 40€ le mètre linéaire pour des hauteurs de 10 à 30 cm et des épaisseurs de 2 à 4 mm. L’aluminium, plus léger et très résistant à la corrosion, affiche des prix similaires, généralement entre 18€ et 45€ le mètre linéaire selon la section et le type de laquage.
Le prix de la pose de bordures métalliques dépend surtout des opérations de mise en forme et d’ancrage. Les bordures acier Corten, souvent livrées en bandes souples ou semi-rigides, s’adaptent facilement aux courbes serrées, ce qui réduit le temps de découpe et de reprise sur chantier. En revanche, elles demandent une préparation de sol très soignée pour éviter les déformations : piquets d’ancrage rapprochés, réglage précis des niveaux et parfois mise en place d’un bétonnage ponctuel. En moyenne, la pose de ces bordures se situe entre 25€ et 45€ par mètre linéaire, hors fourniture.
L’aluminium, grâce à sa légèreté, permet un travail plus rapide et réduit la pénibilité pour les équipes. Vous vous interrogez sur la durabilité de ces matériaux par rapport au béton ou au granit ? Sur des projets résidentiels, leur longévité est excellente, à condition de respecter les recommandations des fabricants sur l’épaisseur minimale et le traitement de surface. Leur principal atout reste l’esthétique fine et contemporaine, particulièrement appréciée pour la délimitation de massifs minéraux, de terrasses bois ou de jardins urbains.
Bordures plastique recyclé et composite : analyse comparative des prix par fabricant
Les bordures en plastique recyclé et en matériaux composites s’imposent comme une solution intermédiaire entre les bordures souples premier prix et les matériaux nobles. Fabriquées à partir de déchets plastiques revalorisés ou de mélanges bois-plastique, elles affichent des prix de fourniture généralement compris entre 5€ et 18€ le mètre linéaire, selon la hauteur, l’épaisseur et le design. Ces bordures sont particulièrement prisées pour les jardins familiaux, les aires de jeux et les projets d’aménagement durable.
L’analyse des tarifs par fabricant montre des écarts significatifs liés aux garanties offertes (jusqu’à 15 ou 20 ans chez certains industriels), à la résistance aux UV et à la rigidité des profils. Un modèle d’entrée de gamme en plastique recyclé simple paroi peut se situer autour de 5€ à 8€ le mètre, quand un profil haut de gamme composite renforcé, imitant le bois, atteindra facilement 15€ à 18€ le mètre. La pose de ces bordures, généralement clipsables ou fixées par piquets, est rapide et peu consommatrice de béton, ce qui limite le coût total.
En termes de prix de pose de bordures en plastique recyclé, vous pouvez tabler sur 10€ à 20€ par mètre linéaire en main-d’œuvre seule, dès lors que le terrain est correctement préparé. Pour un projet complet, fourniture et pose, le budget moyen se situe entre 18€ et 35€ le mètre linéaire. Comme souvent, l’économie se fait sur la facilité d’installation : un bricoleur averti peut poser lui-même ce type de produits, réduisant fortement la facture globale, à condition de respecter une mise en œuvre soignée du lit de pose.
Facteurs techniques influençant le prix de pose des bordures
Au-delà du choix du matériau, plusieurs facteurs techniques viennent impacter le prix de la pose de bordures au mètre linéaire. Le terrain, la profondeur de fouille, la qualité de la fondation ou encore la présence de réseaux enterrés sont autant de paramètres qui peuvent faire varier le devis du simple au double. Comprendre ces éléments vous permet de mieux lire les offres des entreprises de terrassement et de comparer les devis sur des bases objectives.
Vous vous demandez pourquoi deux entreprises peuvent vous proposer des tarifs très différents pour un même linéaire de bordures ? La réponse se trouve souvent dans ces critères techniques cachés, qui ne sont pas toujours détaillés dans les devis simplifiés. En exigeant un descriptif précis des travaux préparatoires, vous obtenez une vision claire du niveau de prestation et donc du rapport qualité-prix réel de chaque proposition.
Terrassement et préparation du lit de pose : évaluation des coûts de fouille
Le terrassement et la préparation du lit de pose représentent la première ligne de coût dans un prix de pose de bordures. Sur un terrain meuble et déjà nivelé, une simple fouille de 15 à 20 cm de profondeur est suffisante pour des bordures de jardin classiques, avec un cost global de 5€ à 10€ par mètre linéaire. En revanche, sur un sol compacté ou en présence d’anciens revêtements, des engins de terrassement et des outils de coupe (brise-roche, scie de sol) sont nécessaires, faisant grimper la facture à 15€ ou 20€ par mètre.
La largeur de la tranchée joue également un rôle direct sur le coût de fouille. Plus la bordure est large ou plus l’épaisseur de la fondation est importante, plus le volume de terre à évacuer augmente. Il faut alors intégrer le prix d’évacuation en déchetterie ou en centre de recyclage, souvent facturé au mètre cube (entre 25€ et 60€ selon les régions). Sur un linéaire de 50 mètres, la différence entre un simple rabotage de surface et un terrassement complet peut représenter plusieurs centaines d’euros.
Pour optimiser votre budget, une bonne pratique consiste à regrouper les travaux de bordurage avec d’autres opérations de terrassement (allée, parking, terrasse). Comme pour un déplacement de camion facturé à la journée, mutualiser les interventions d’engins permet de lisser les coûts fixes sur un volume de travaux plus important, réduisant ainsi le prix au mètre linéaire.
Fondation béton C25/30 : calcul du dosage et impact sur le prix final
La fondation en béton C25/30, souvent exigée par les normes pour les bordures soumises à des charges importantes, représente un poste non négligeable dans le calcul du prix de pose. Ce béton, dosé en moyenne à 350 kg de ciment par mètre cube, garantit une résistance à la compression suffisante pour les bordures de voirie, de parking ou de trottoir. Le coût d’un mètre cube de béton C25/30 en centrale, livré par toupie, se situe généralement entre 110€ et 160€ TTC selon les régions.
Comment traduire cela en coût par mètre linéaire ? Pour une fondation de 15 cm d’épaisseur et 25 cm de largeur, on consomme environ 0,0375 m³ de béton par mètre de bordure, soit un coût matériau brut de l’ordre de 4€ à 6€ par mètre. À cela s’ajoutent la mise en place, le nivellement et le réglage, qui mobilisent en moyenne 0,15 à 0,25 heure de main-d’œuvre par mètre linéaire. Au final, la fondation béton C25/30 peut représenter entre 10€ et 20€ par mètre posé, selon les conditions de chantier.
Sur les petits chantiers, certains artisans préfèrent gâcher le béton sur place, ce qui nécessite du temps supplémentaire mais évite les frais de livraison minima de la centrale. Le bon compromis ? Pour des linéaires supérieurs à 30 ou 40 mètres, la toupie devient souvent plus économique et surtout plus régulière en qualité. C’est un peu comme la cuisine : préparer un plat pour deux personnes ou pour vingt ne mobilise pas les mêmes ustensiles ni les mêmes coûts unitaires.
Raccordement aux réseaux existants : surcoûts liés aux contraintes d’implantation
La présence de réseaux enterrés (eau, électricité, gaz, télécoms) est un facteur souvent sous-estimé dans le prix de la pose de bordures. Avant tout chantier, la réglementation impose une consultation des plans de réseaux (DICT, DT/DICT) pour éviter tout risque de détérioration. Lorsque les bordures doivent être implantées à proximité de ces conduites, l’entreprise doit adapter ses méthodes de fouille, travailler plus délicatement et parfois en partie manuelle, ce qui rallonge les temps de pose.
Les surcoûts liés aux contraintes de réseaux peuvent aller de 10% à plus de 30% du prix de base selon la densité des canalisations et la nécessité de protections spécifiques. Par exemple, la mise en place de fourreaux supplémentaires, de plaques de répartition ou de remblais techniques (sable, grave non agressive) vient alourdir la facture. Il arrive également que l’implantation initialement prévue doive être décalée, nécessitant une adaptation du tracé et donc un temps d’étude et de mise en œuvre supplémentaire.
Pour limiter ces imprévus, il est recommandé de faire réaliser un repérage précis des réseaux avant de lancer la pose de bordures, notamment via un géomètre ou un spécialiste en détection électromagnétique. Cette démarche représente un coût ponctuel, mais elle évite des interruptions de chantier coûteuses, voire des dommages sur des réseaux sensibles qui pourraient générer plusieurs milliers d’euros de réparations et de pénalités.
Pente et géométrie du terrain : majoration tarifaire pour terrains complexes
La pente et la géométrie du terrain influencent directement la complexité de la pose de bordures et donc le prix au mètre linéaire. Sur un sol plat et rectiligne, la pose est linéaire, les réglages sont simples et la productivité maximale. À l’inverse, sur un terrain en pente, l’artisan doit composer avec des altimétries variables, ajuster régulièrement la hauteur des bordures et s’assurer du respect des pentes de ruissellement, souvent entre 1% et 2% pour les voiries.
Les tracés sinueux, avec de nombreuses courbes ou changements de direction, augmentent également le temps de pose. Chaque angle, chaque raccord nécessite des coupes spécifiques, parfois réalisées à la disqueuse avec des bordures béton ou pierre. Dans ces configurations, il n’est pas rare d’appliquer une majoration de 10€ à 20€ par mètre linéaire par rapport à une pose en ligne droite, notamment sur les chantiers exigeant une grande précision esthétique.
On peut comparer cela à la pose d’un carrelage : un sol rectangulaire et régulier se traite rapidement, alors qu’une pièce aux formes complexes, avec de nombreux découpes, mobilise beaucoup plus de temps. Pour vos projets de bordurage en terrain accidenté ou très vallonné, anticipez donc une enveloppe budgétaire plus large, et n’hésitez pas à demander aux entreprises de détailler la part de surcoût liée à la géométrie du site.
Méthodes de pose professionnelles et tarification horaire
La méthode de pose choisie a un impact direct sur le prix de la pose de bordures : elle conditionne le temps de main-d’œuvre, le type de matériel nécessaire et parfois même la quantité de matériaux utilisés. Entre la pose manuelle traditionnelle, la pose mécanisée avec borduromatic ou les techniques spécifiques au mortier-colle, les écarts de coûts peuvent être significatifs. Comprendre ces modes opératoires vous permet de juger de la pertinence des propositions faites par les entreprises.
Vous vous demandez si une pose mécanisée sera forcément plus rentable qu’une pose à la main ? La réponse n’est pas toujours évidente : la rentabilité dépend du linéaire à traiter, de l’accessibilité du chantier et du type de bordures à installer. Dans certains cas, la pose manuelle, plus flexible, s’avère plus adaptée et plus économique, notamment sur les chantiers de petite taille ou aux formes complexes.
Pose manuelle traditionnelle : temps de main-d’œuvre et coût horaire artisan
La pose manuelle traditionnelle reste la technique la plus répandue pour les bordures de jardin, les petites voiries et les aménagements paysagers résidentiels. Elle consiste à régler la fondation ou le lit de mortier, positionner chaque élément de bordure à la main, vérifier son alignement et sa hauteur au cordeau et au niveau, puis réaliser les joints au mortier. Le temps de pose varie généralement entre 0,3 et 0,7 heure par mètre linéaire selon le type de bordure et la complexité du terrain.
En France, le coût horaire d’un maçon ou d’un terrassier qualifié, charges comprises, se situe en moyenne entre 45€ et 65€ HT pour les entreprises artisanales. En appliquant ce coût à la durée de pose, on obtient un prix de main-d’œuvre compris entre 15€ et 45€ par mètre linéaire, hors fournitures. Pour les bordures simples en béton préfabriqué sur terrain plat, la fourchette basse sera privilégiée ; pour des pierres naturelles lourdes ou des tracés complexes, on se rapprochera de la fourchette haute.
La pose manuelle offre une grande souplesse d’adaptation, notamment pour les chantiers avec de nombreux détails : marches, raccords avec des seuils, courbes serrées. Elle permet aussi un contrôle visuel permanent, gage de finitions soignées, particulièrement appréciées dans les aménagements de jardins haut de gamme.
Pose mécanisée avec borduromatic : rentabilité et conditions d’utilisation
La pose mécanisée avec borduromatic s’adresse principalement aux chantiers de grande longueur et aux projets de voirie. Le borduromatic est un équipement spécifique qui permet de manutentionner et de positionner rapidement des bordures lourdes, en limitant les efforts physiques et en augmentant la cadence. Sur des longueurs supérieures à 200 ou 300 mètres, cette méthodologie permet de réduire considérablement le temps de pose, parfois de moitié par rapport à une installation entièrement manuelle.
Le recours à un borduromatic implique toutefois des coûts fixes supplémentaires : location ou amortissement de la machine, présence d’un opérateur formé, et parfois nécessité de dégager un accès suffisant pour les engins. En pratique, on estime que la pose mécanisée devient vraiment rentable au-delà de 150 à 200 mètres de bordures de voirie standard, sur terrain relativement accessible et sans trop de courbes serrées. Dans ces conditions optimales, le coût de main-d’œuvre peut descendre à 10€ à 20€ par mètre linéaire.
Sur les chantiers urbains contraints, avec des obstacles, des trottoirs existants et des réseaux multiples, l’avantage du borduromatic se réduit. C’est un peu comme utiliser une moissonneuse-batteuse dans un jardin de ville : l’outil est très performant, mais encore faut-il pouvoir le faire entrer et manœuvrer. Pour vos projets résidentiels, cette technique reste donc assez rare, mais elle peut être proposée par des entreprises de VRD pour des lotissements ou de grands parkings.
Pose au mortier-colle : techniques spécialisées et surcoût matériau
La pose au mortier-colle est une méthode plus spécialisée, souvent employée pour les bordures en pierre naturelle ou en matériaux reconstitués, lorsqu’une précision millimétrique est recherchée. Le mortier-colle, similaire à celui utilisé pour les carrelages extérieurs, assure une excellente adhérence et permet des réglages très fins sur des supports béton ou maçonnés. Il est particulièrement adapté pour les bordures haut de gamme, en finition de terrasse, d’escalier ou de piscine.
Cette technique implique un surcoût en matériaux : le mortier-colle de qualité extérieure, résistant au gel et aux sels, coûte en moyenne entre 0,80€ et 1,50€ par kilogramme. La consommation pouvant atteindre 4 à 6 kg par mètre linéaire selon l’épaisseur du lit, le surcoût matériaux se situe autour de 4€ à 9€ par mètre. À cela s’ajoute un temps de mise en œuvre plus minutieux, avec un rythme de pose souvent limité à 10 à 15 mètres par jour et par équipe.
Au final, la pose au mortier-colle peut augmenter le prix de la pose de bordures de 20% à 40% par rapport à une pose sur lit de mortier traditionnel. Elle s’adresse donc principalement à des projets où la précision esthétique prime sur le coût, par exemple dans les aménagements de terrasses de standing ou les abords de piscines design.
Finitions et jointoiement : prestations complémentaires et tarification
Les finitions et le jointoiement sont parfois considérés comme des détails, mais ils jouent un rôle essentiel dans la durabilité et l’esthétique des bordures. Les joints au mortier permettent d’assurer la cohésion entre les éléments, d’éviter les infiltrations d’eau et la pousse d’herbes indésirables. Selon le type de bordure et la largeur des joints, le temps consacré à cette étape peut représenter 10% à 25% du temps de pose total.
Le coût de ces prestations complémentaires varie de 3€ à 10€ par mètre linéaire, en fonction du type de joint (mortier classique, joint polymère, joint drainant) et du niveau de finition demandé. Des options comme le brossage final, la réalisation d’arêtes chanfreinées, ou l’application d’un hydrofuge sur des bordures en pierre peuvent également apparaître sur les devis, ajoutant quelques euros par mètre. Ces postes, bien que secondaires, contribuent à la qualité perçue et à la longévité de votre aménagement.
Pour garder la maîtrise de votre budget, il est conseillé de demander à l’artisan de distinguer clairement la ligne « pose de bordure » de la ligne « finitions et joints » dans son devis. Vous pourrez ainsi ajuster le niveau de finition en fonction de votre enveloppe, tout en ayant une vision transparente des coûts.
Grille tarifaire détaillée par région et prestataire
Les prix de la pose de bordures au mètre linéaire varient sensiblement d’une région à l’autre, principalement en raison du coût de la main-d’œuvre, du prix des matériaux locaux et des frais de transport. En Île-de-France et dans les grandes métropoles (Lyon, Bordeaux, Lille), les tarifs moyens sont souvent 10% à 20% plus élevés qu’en zones rurales ou dans les régions à moindre pression immobilière. Ainsi, une pose de bordure béton standard facturée 25€ le mètre en région Centre pourra atteindre 30€ ou 35€ le mètre en région parisienne.
Le type de prestataire influe également sur la grille tarifaire. Les grandes entreprises de VRD, très structurées, appliquent des prix souvent plus élevés mais proposent en contrepartie une capacité d’intervention importante et une maîtrise poussée des normes. Les artisans indépendants ou les petites sociétés de maçonnerie offrent parfois des tarifs plus compétitifs pour les chantiers résidentiels, avec une souplesse appréciée sur les petits linéaires. À l’inverse, certains paysagistes haut de gamme peuvent pratiquer des prix supérieurs, en intégrant une dimension de conseil esthétique plus poussée.
À titre indicatif, on peut évoquer les fourchettes moyennes suivantes, fourniture et pose incluses, pour des bordures béton préfabriqué standard :
- Régions à coût modéré (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Occitanie rurale) : 20€ à 35€ / ml
- Régions intermédiaires (Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes hors métropoles) : 25€ à 40€ / ml
- Zones tendues (Île-de-France, PACA, grandes métropoles) : 30€ à 50€ / ml
Pour des bordures en pierre naturelle ou en granit, ces fourchettes peuvent grimper de 50% à 100%, en particulier lorsque les matériaux sont importés ou très travaillés. L’important, pour vous, est de comparer plusieurs devis locaux et de vérifier que les prestations incluses sont bien équivalentes : type de fondation, évacuation des déblais, finitions, traitement des raccords.
Réglementation DTU 13.3 et normes NF : conformité et impact budgétaire
La pose de bordures ne se résume pas à une simple question esthétique : elle est encadrée par des règles techniques, notamment le DTU 13.3 et différentes normes NF. Le DTU 13.3 traite des travaux de fondations superficielles et définit, entre autres, les principes généraux applicables aux assises et aux appuis des éléments de voirie. Respecter ces prescriptions, c’est s’assurer que les bordures résisteront aux mouvements de sol, aux charges roulantes et aux cycles gel-dégel sur le long terme.
Les normes NF relatives aux bordures (par exemple NF EN 1340 pour les bordures en béton) spécifient des exigences de résistance mécanique, de tolérances dimensionnelles et de durabilité. Opter pour des produits certifiés NF peut légèrement augmenter le prix de fourniture, de l’ordre de 5% à 15%, mais cette survaleur se traduit par une meilleure stabilité des dimensions, une pose facilitée et une longévité accrue. Pour des projets soumis à des contrôles (lotissements, marchés publics), le recours à ces produits est souvent obligatoire.
En termes budgétaires, la conformité réglementaire peut également impliquer des contrôles supplémentaires : nivellements, compacité des fondations, respect des pentes. Certaines entreprises intègrent ces contrôles dans leurs tarifs, d’autres les facturent en supplément. Il est donc essentiel de vérifier que les devis mentionnent bien le respect des DTU et normes en vigueur, ainsi que les éventuels tests ou contrôles prévus. Au-delà de la dépense immédiate, cette conformité protège votre responsabilité en cas de sinistre ultérieur.
Optimisation des coûts et négociation avec les entreprises de terrassement
Optimiser le prix de la pose de bordures au mètre linéaire ne signifie pas forcément tirer les tarifs vers le bas à tout prix, mais plutôt trouver le meilleur équilibre entre qualité, durabilité et budget. Une première piste consiste à bien définir votre projet en amont : linéaires exacts, type de matériaux souhaités, niveau de finition, contraintes de terrain. Plus votre cahier des charges est précis, moins les entreprises auront à intégrer de marges de sécurité importantes dans leur chiffrage.
La comparaison de plusieurs devis reste un outil incontournable. En demandant au minimum trois propositions détaillées, vous pouvez mettre en concurrence les entreprises tout en identifiant les écarts de prestations. N’hésitez pas à poser des questions : le prix inclut-il la fondation béton C25/30, l’évacuation des terres, les joints, la remise en forme des abords ? Un devis légèrement plus élevé mais plus complet peut au final s’avérer plus avantageux qu’une offre minimaliste assortie de nombreux suppléments.
La négociation peut aussi porter sur le phasage des travaux et la mutualisation des interventions. Par exemple, faire réaliser en une seule fois la pose des bordures, le terrassement d’une allée et la préparation d’un futur parking permet à l’entreprise de rationaliser ses déplacements et l’utilisation de ses engins. En échange, elle pourra consentir une remise globale de 5% à 10% sur l’ensemble du chantier. Enfin, en restant ouvert sur certains choix de matériaux (par exemple un modèle de bordure béton disponible en stock plutôt qu’un produit sur commande), vous donnez au professionnel des marges de manœuvre pour optimiser ses coûts et vous proposer un meilleur tarif.