La construction d’une dalle en béton pour garage représente une étape fondamentale dans l’aménagement de votre propriété. Ce type d’ouvrage constitue la base d’un espace de stationnement durable, capable de supporter le poids de votre véhicule pendant plusieurs décennies. Contrairement aux idées reçues, la réalisation d’une dalle béton ne se résume pas simplement à couler du béton sur un terrain. Cette opération requiert une planification minutieuse, des calculs précis et une mise en œuvre rigoureuse pour garantir la stabilité et la longévité de votre installation. Que vous envisagiez de construire un garage fermé, un carport ou une simple aire de stationnement, la qualité de votre dalle déterminera la résistance de l’ensemble de votre projet. Les professionnels du bâtiment s’accordent à dire qu’une dalle mal conçue peut entraîner des fissures, des affaissements et nécessiter des réparations coûteuses dans les années suivant sa construction.

Calcul des dimensions et épaisseur de la dalle béton selon le poids du véhicule

La première étape de votre projet consiste à déterminer avec précision les caractéristiques techniques de votre dalle. Cette phase de calcul conditionne directement la résistance structurelle et la durabilité de votre ouvrage. Les dimensions de la dalle dépendent naturellement de la taille de votre véhicule et de l’espace que vous souhaitez aménager. Pour une voiture standard, prévoyez au minimum 5 mètres de longueur sur 3 mètres de largeur. Si vous possédez un SUV ou un véhicule utilitaire, augmentez ces dimensions d’au moins 50 centimètres dans chaque direction pour faciliter les manœuvres.

Détermination de l’épaisseur minimale : 12 cm pour véhicules légers, 15 cm pour SUV

L’épaisseur de la dalle constitue le paramètre le plus critique de votre projet. Pour un véhicule léger pesant entre 1 200 et 1 800 kilogrammes, une épaisseur de 12 centimètres représente le minimum absolu recommandé par les normes de construction. Cette dimension permet de répartir uniformément les charges et d’éviter les points de contrainte qui pourraient provoquer des fissures. En revanche, si vous possédez un SUV, un monospace ou un véhicule dont le poids total en charge dépasse 2 tonnes, vous devrez augmenter cette épaisseur à 15 centimètres minimum.

Les données récentes du secteur de la construction montrent que 68% des dalles de garage présentant des fissures précoces avaient une épaisseur insuffisante par rapport au poids des véhicules. Pour les véhicules agricoles, les camionnettes ou les camping-cars, l’épaisseur doit atteindre 20 centimètres, voire 22 centimètres pour les charges exceptionnelles. Cette augmentation permet d’absorber les charges dynamiques générées lors du stationnement et des déplacements du véhicule.

Dimensionnement du ferraillage : treillis soudé ST25 ou ST30

Le ferraillage apporte à votre dalle la résistance à la traction qui fait défaut au béton seul. Le treillis soudé constitue la solution la plus couramment utilisée pour renforcer les dalles de garage. Pour une dalle standard de 12 centimètres, un treillis soudé ST25C offre une résistance largement suffisante. Ce type de ferraillage se compose de fils d’acier de 7 millimètres de diamètre

et disposés en mailles de 150 x 150 mm. Pour des dalles plus sollicitées, de 15 à 20 cm d’épaisseur, notamment pour SUV lourds, vans aménagés ou petits utilitaires, il est conseillé de passer sur un treillis ST25CS ou ST30. Ces références offrent une section d’acier plus importante et donc une meilleure résistance aux efforts de traction et de flexion. Veillez à recouvrir les nappes de treillis sur au moins deux mailles dans le sens porteur, afin d’assurer une continuité structurelle de l’armature sur toute la surface de la dalle.

Calcul de la surface et du volume de béton nécessaire en m³

Une fois l’épaisseur et le ferraillage définis, vous devez calculer la quantité de béton à commander ou à préparer. La surface de votre dalle en béton pour garage se détermine simplement en multipliant la longueur par la largeur. Par exemple, pour un garage de 6 m sur 3,50 m, la surface est de 21 m². Pour obtenir le volume de béton (en m³), multipliez cette surface par l’épaisseur de la dalle en mètres (0,12 m pour 12 cm, 0,15 m pour 15 cm, etc.).

Dans notre exemple, une dalle de 21 m² avec 12 cm d’épaisseur nécessite 21 x 0,12 = 2,52 m³ de béton. Il est prudent d’ajouter une marge de sécurité de 5 à 10 % pour compenser les pertes, les irrégularités du sol et le remplissage des joints périphériques. Vous commanderez donc environ 2,8 m³ de béton pour ce garage. Ce calcul de volume de béton est un passage obligé pour éviter à la fois les ruptures de livraison et le surcoût d’un excédent trop important.

Prise en compte des charges statiques et dynamiques du garage

Le dimensionnement d’une dalle en béton de garage ne se limite pas au seul poids du véhicule à l’arrêt. Il faut aussi considérer les charges dynamiques générées par les manœuvres, les freinages, les démarrages et les passages répétés au même endroit, par exemple devant la porte de garage. Ces sollicitations, plus difficiles à visualiser, créent des microcontraintes dans le béton qui, avec le temps, peuvent provoquer des microfissures si la dalle est sous-dimensionnée.

Les charges dites statiques regroupent le poids propre de la dalle, celui du véhicule, des éventuels rangements (étagères, établis, outillage) et, dans certains cas, d’un mur porteur ou d’une structure reposant en partie sur la dalle. Les bureaux d’études considèrent généralement une surcharge d’exploitation minimale de 250 kg/m² pour une dalle de garage courant. Si vous prévoyez d’y installer un pont élévateur, de stocker des machines lourdes ou du matériel de jardinage volumineux, il est recommandé de consulter un professionnel pour valider l’épaisseur, le type de béton et le ferraillage.

Préparation du terrain et décaissement pour fondations stables

Une dalle en béton de garage, même très bien dimensionnée, ne sera durable que si elle repose sur un sol correctement préparé. La préparation du terrain constitue souvent plus de la moitié du temps de chantier, mais c’est elle qui fait la différence entre une dalle qui tient 5 ans et une dalle qui reste stable pendant 30 ans. En pratique, vous allez décaisser le sol, créer une assise drainante (le hérisson), poser un film anti-humidité, puis mettre en place un coffrage périphérique parfaitement de niveau.

Excavation et nivellement du sol : profondeur de 25 à 30 cm

Le décaissement du terrain consiste à enlever la couche de terre végétale et les matériaux instables sur toute l’emprise de la dalle. Pour une dalle de garage classique, comptez une profondeur totale de 25 à 30 cm par rapport au niveau fini souhaité. Cette cote permet d’intégrer le hérisson de gravier (10 à 15 cm), la dalle (12 à 15 cm) et éventuellement un revêtement de finition de quelques millimètres.

Utilisez une mini-pelle ou, pour les petites surfaces, une pelle et une pioche, en contrôlant régulièrement le niveau au laser ou au niveau à bulle avec une grande règle. L’objectif est d’obtenir un fond de fouille sensiblement plan, exempt de poches de terre meuble ou de zones remblayées sans compactage. Plus cette base sera homogène, moins la dalle risque de subir des tassements différentiels, à l’origine de fissures localisées. En cas de sol très argileux ou instable, il peut être judicieux de creuser un peu plus pour remplacer la terre par une couche plus drainante.

Mise en place du hérisson drainant en tout-venant 0/31,5 compacté

Le hérisson constitue la couche de forme sur laquelle reposera votre dalle en béton de garage. Il est généralement réalisé en tout-venant 0/31,5 ou en gravier 20/40 mélangé à des granulats plus fins, sur une épaisseur de 10 à 15 cm. Ce mélange de granulométries permet à la fois un bon drainage de l’eau et une excellente compacité. Répartissez le matériau sur toute la surface, puis nivelez-le grossièrement au râteau.

La phase de compactage est essentielle : passez une plaque vibrante (ou à défaut un rouleau lourd) en plusieurs passes croisées jusqu’à obtenir une surface ferme et non déformable sous le pied. Ce hérisson drainant joue un rôle similaire à celui des fondations d’une maison : il répartit les charges, évacue l’eau vers le sol et limite les risques de soulèvement ou de gonflement en cas de gel. Vous pouvez, si besoin, créer une légère pente dans le hérisson (de l’ordre de 1 %) pour favoriser l’écoulement vers un drain ou une zone d’infiltration.

Installation du film polyane 150 microns contre les remontées d’humidité

Une fois le hérisson compacté, il est recommandé de poser un film polyane de 150 microns minimum sur toute la surface de la future dalle. Ce film plastique, souvent négligé dans les projets amateurs, joue pourtant un rôle important dans la durabilité de votre dalle. Il limite les remontées d’humidité par capillarité depuis le sol et contribue à un séchage plus homogène du béton, réduisant le risque de fissuration.

Déroulez les lés de polyane en les faisant se chevaucher d’au moins 10 à 20 cm. Remontez le film sur les bords de fouille ou sur le coffrage de 10 cm environ, afin de créer une sorte de cuvette étanche. Maintenez-le en place avec quelques pierres ou agrafes de chantier. Cette barrière anti-humidité est particulièrement utile si vous envisagez de carreler votre dalle de garage ou d’appliquer un revêtement résine ultérieurement, car elle limite les phénomènes de décollement liés à l’eau.

Coffrage périphérique avec planches ou banches métalliques

Le coffrage périphérique définit le contour exact de votre dalle béton de garage et garantit la tenue du béton frais lors du coulage. Vous pouvez le réaliser avec des planches de bois suffisamment rigides (sections de 27 x 200 mm par exemple) ou avec des banches métalliques réglables si vous en avez la possibilité. L’important est que ces éléments soient parfaitement de niveau et solidement ancrés dans le sol.

Placez les planches à l’aplomb du futur niveau fini de la dalle, en les calant avec des piquets plantés tous les 50 à 80 cm. Vérifiez le niveau à l’aide d’un niveau laser ou d’un niveau à bulle posé sur une règle en aluminium. Toute erreur à ce stade se traduira par une dalle en pente non souhaitée ou par des surépaisseurs de béton coûteuses. Si votre dalle rejoint un seuil de porte de garage existant, prenez ce seuil comme référence de hauteur pour éviter tout ressaut gênant lors du passage du véhicule.

Choix et dosage du béton pour dalle de garage résistante

Le choix du béton est déterminant pour obtenir une dalle de garage capable de résister aux charges et aux agressions du quotidien (passage de véhicules, huiles, sel de déneigement, variations de température). Vous pouvez opter pour un béton prêt à l’emploi livré par toupie ou pour un béton fabriqué sur place à la bétonnière. Dans les deux cas, l’objectif est d’obtenir un béton suffisamment dosé, avec une granulométrie adaptée et, si possible, des adjuvants qui améliorent ses performances.

Béton prêt à l’emploi C25/30 ou C30/37 selon normes NF EN 206

Pour une dalle en béton pour garage, les professionnels recommandent généralement un béton prêt à l’emploi de classe de résistance C25/30, conforme à la norme NF EN 206. Cette dénomination signifie que le béton atteint une résistance à la compression de 25 MPa sur cylindres (ou 30 MPa sur cubes) après 28 jours de cure. Ce niveau de performance est suffisant pour la grande majorité des garages particuliers. En présence de charges plus lourdes ou d’un environnement agressif (sels, cycles gel/dégel fréquents), un béton C30/37 peut être préconisé.

L’avantage du béton prêt à l’emploi est double : une qualité constante, contrôlée en usine, et un gain de temps considérable sur le chantier. Vous bénéficiez en outre de la possibilité d’intégrer, dès la centrale, des options comme les bétons fibrés, les bétons à prise retardée ou les bétons hydrophobes. Le surcoût au m³ reste modéré au regard de la durabilité supplémentaire obtenue, surtout pour une dalle qui doit supporter plusieurs tonnes de charge pendant des dizaines d’années.

Dosage manuel : 350 kg de ciment par m³ pour résistance optimale

Si vous choisissez de fabriquer vous-même votre béton à la bétonnière, il est indispensable de respecter un dosage suffisant. Pour une dalle de garage carrossable, visez un dosage de 350 kg de ciment par m³ de béton. Concrètement, cela correspond, à titre indicatif, à un mélange d’environ 1 volume de ciment pour 2 volumes de sable 0/4 et 3 volumes de gravillons 4/20, avec la quantité d’eau nécessaire pour obtenir une consistance plastique mais non liquide.

Un béton sous-dosé (par exemple 250 kg/m³) risque de se fissurer plus rapidement et de se détériorer au passage répété des roues, notamment au niveau des zones de freinage. À l’inverse, ajouter trop d’eau pour « faciliter » la mise en œuvre diminue fortement la résistance finale du béton. Pensez à cette image : un béton bien dosé mais trop mouillé revient à allonger un café serré avec trop d’eau, au détriment de sa force. Respectez donc scrupuleusement les dosages et n’ajoutez de l’eau qu’avec parcimonie.

Adjuvants hydrofuges et plastifiants pour améliorer la durabilité

Pour optimiser les performances de votre dalle béton de garage, vous pouvez incorporer des adjuvants dans le mélange. Les plastifiants ou superplastifiants permettent d’augmenter la fluidité du béton sans ajouter d’eau, ce qui facilite le coulage et le tirage tout en préservant, voire en améliorant, la résistance mécanique. C’est particulièrement intéressant si vous travaillez seul et souhaitez gagner en maniabilité.

Les adjuvants hydrofuges, quant à eux, réduisent la porosité du béton et limitent la pénétration de l’eau et des agents agressifs (sels, hydrocarbures). Sur une allée carrossable ou devant un garage exposé aux intempéries, ils contribuent à la durabilité de l’ouvrage en limitant les phénomènes de gel/dégel. En complément, l’ajout de fibres synthétiques peut réduire le risque de microfissures de retrait en phase de séchage. Ces fibres ne remplacent pas le treillis soudé, mais agissent comme un « filet » supplémentaire dans la matrice du béton.

Calcul du nombre de toupies béton nécessaires pour la livraison

Si vous optez pour une livraison de béton prêt à l’emploi, il faut estimer le nombre de toupies nécessaires. La plupart des camions toupies ont une capacité de 6 à 8 m³. En reprenant notre exemple d’une dalle de 21 m² et 12 cm d’épaisseur (environ 2,8 m³ de béton avec marge), une seule toupie sera largement suffisante. Pour des dalles plus importantes, additionnez les volumes calculés pour déterminer si une ou plusieurs livraisons sont nécessaires.

Gardez en tête que les centrales à béton imposent souvent un volume minimum de commande (généralement autour de 1 à 2 m³). En dessous, des frais de petite livraison peuvent s’appliquer. Pensez également à l’accessibilité de votre terrain : la toupie doit pouvoir s’approcher suffisamment près du coffrage, ou bien vous devrez prévoir une pompe à béton ou des goulottes de rallonge. Anticiper ces aspects logistiques vous évitera des imprévus le jour J.

Coulage et mise en œuvre du béton : techniques professionnelles

Le coulage de la dalle est l’étape la plus visible, mais elle ne doit rien au hasard. Une dalle béton de garage réussie repose sur une mise en œuvre continue, un bon positionnement du ferraillage et un tirage rigoureux à la règle. L’idéal est d’être au moins deux, voire trois personnes le jour du coulage : une pour guider la toupie ou remplir les brouettes, une pour répartir le béton et une pour régler et lisser la surface.

Positionnement du ferraillage sur cales béton de 3 cm d’épaisseur

Avant de couler le béton, posez le treillis soudé sur des cales d’enrobage en béton ou en plastique, d’au moins 3 cm d’épaisseur. L’objectif est que l’acier se situe dans le tiers inférieur de la dalle, et non posé directement sur le film polyane. Un ferraillage plaqué au sol ne joue pratiquement aucun rôle dans la résistance de la dalle, un peu comme une ceinture de sécurité que l’on n’attache jamais.

Disposez les panneaux de treillis en les recouvrant de deux mailles dans le sens porteur et d’une maille dans le sens perpendiculaire. Ligaturez les jonctions à l’aide de fil de fer recuit pour éviter tout déplacement lors du coulage. Dans les zones les plus sollicitées, comme devant la porte de garage, vous pouvez ajouter une seconde nappe de treillis ou des barres d’armature supplémentaires, toujours en respectant l’enrobage minimal de 3 cm.

Coulage en une seule fois pour éviter les joints de reprise

Pour garantir l’homogénéité et la résistance de votre dalle, il est fortement recommandé de couler le béton en une seule opération. Les joints de reprise, créés lorsque l’on interrompt le coulage trop longtemps, deviennent des zones de faiblesse potentielles, sensibles aux fissures et aux infiltrations. Organisez donc le chantier (main-d’œuvre, accès toupie, matériel) pour pouvoir traiter la totalité de la surface sans interruption majeure.

Commencez le coulage à l’opposé du point de sortie et progressez vers l’extérieur. Répartissez le béton à l’aide d’un râteau ou d’une pelle, en veillant à ne pas déplacer le treillis soudé. Si vous utilisez une pompe à béton, demandez à l’opérateur de modifier régulièrement le point de déversement pour éviter les amas localisés. Pensez à légèrement « vibrer » le béton en le piquant avec une tige ou un râteau pour chasser les poches d’air, surtout le long des coffrages.

Tirage à la règle aluminium et talochage mécanique de surface

Une fois le béton étalé au-dessus du niveau final, vient l’étape du tirage à la règle. Posez une règle en aluminium sur le coffrage ou sur des profilés de guidage préalablement installés à la bonne hauteur, puis tirez-la vers vous en effectuant de petits mouvements latéraux. Cette opération permet de niveler le béton, de faire remonter le laitance et d’obtenir une surface plane. Prenez votre temps : une bonne règle, bien menée, est la clé d’une dalle uniforme.

Le talochage intervient ensuite, lorsque le béton commence à « tirer » mais reste encore suffisamment plastique. Avec une taloche en plastique ou en bois, effectuez des mouvements circulaires pour refermer les pores et uniformiser la surface. Pour des garages de grande surface ou une finition très soignée, l’utilisation d’une taloche mécanique (hélicoptère) est idéale. Elle permet d’obtenir un aspect lisse et dense, proche des dallages industriels, tout en améliorant la résistance à l’usure.

Création de joints de dilatation tous les 15 à 20 m²

Les joints de dilatation et de retrait ont pour rôle de maîtriser la fissuration du béton en lui offrant des lignes de faiblesse contrôlées. Pour une dalle béton de garage, on recommande généralement de créer des panneaux d’environ 15 à 20 m² maximum, avec un rapport longueur/largeur proche de 1. Au-delà, les retraits de séchage risquent de provoquer des fissures anarchiques.

Ces joints peuvent être réalisés de deux façons : soit en intégrant des profilés spéciaux lors du coulage, soit par sciage ultérieur, lorsque le béton a suffisamment durci. Dans tous les cas, ils doivent traverser au moins le tiers de l’épaisseur de la dalle. Pensez à les positionner en cohérence avec les ouvertures (porte de garage, poteaux) et les changements de forme de la dalle, afin de guider naturellement les efforts de retrait.

Finitions de surface et traitements pour dalle de garage durable

Les finitions de surface jouent un rôle à la fois esthétique et fonctionnel. Une dalle de garage brute peut convenir, mais une finition adaptée facilite l’entretien, améliore l’adhérence et prolonge la durée de vie du béton. Selon vos besoins, vous pouvez opter pour un simple lissage, un aspect légèrement rugueux pour éviter de glisser ou encore un traitement de surface durcisseur.

Lissage à la taloche inox ou hélicoptère béton pour finition industrielle

Le lissage à la taloche inox permet d’obtenir une surface relativement lisse, facile à balayer et à nettoyer. Il se réalise lorsque le béton a commencé sa prise, c’est-à-dire qu’il ne colle plus à l’outil mais reste encore suffisamment malléable. En effectuant des passes croisées, vous « fermez » progressivement la surface, ce qui améliore sa densité et sa résistance à l’abrasion.

Pour une finition industrielle, notamment si vous souhaitez laisser la dalle apparente sans revêtement supplémentaire, l’utilisation d’un hélicoptère (talochuse mécanique) est particulièrement intéressante. L’outil, muni de pales rotatives, vient lisser le béton et lui donne un aspect très régulier, presque satiné. Attention cependant à ne pas trop lisser une zone susceptible d’être mouillée fréquemment : une surface trop lisse peut devenir glissante, surtout en présence d’huiles ou de graisses.

Application de durcisseur de surface type quartz ou corindon

Les durcisseurs de surface, à base de quartz ou de corindon, se présentent sous forme de poudres colorées que l’on saupoudre sur le béton frais, puis que l’on fait pénétrer à la taloche ou à l’hélicoptère. Ils augmentent significativement la résistance à l’usure et aux chocs, en particulier dans les zones de roulement intensif. De plus, ils permettent de teinter la dalle dans la masse de surface, pour un rendu plus esthétique qu’un simple béton gris.

Ce type de traitement est très utilisé dans les entrepôts, parkings et ateliers, mais il se démocratise aussi pour les garages particuliers qui recherchent un sol durable et facile d’entretien. Si vous manipulez souvent des outils, des pièces mécaniques ou des charges lourdes dans votre garage, investir dans un durcisseur de surface peut éviter de nombreuses dégradations prématurées. Pensez simplement à coordonner la couleur choisie avec le reste de votre aménagement.

Sciage des joints de retrait après 24h de séchage

Lorsque vous optez pour des joints de retrait sciés, le moment de l’intervention est crucial. En règle générale, on réalise le sciage entre 24 et 48 heures après le coulage, lorsque le béton a suffisamment durci pour ne pas s’effriter, mais pas encore au point de fissurer spontanément. Attendre trop longtemps augmente le risque de fissures non maîtrisées ; intervenir trop tôt peut arracher les arêtes des joints.

Utilisez une scie à béton équipée d’un disque diamant et tracez les joints selon un plan préétabli, tous les 3 à 4 mètres environ, et toujours au droit des points singuliers (angles, poteaux, portes). La profondeur de coupe doit représenter au moins un tiers de l’épaisseur de la dalle. Ces joints, souvent peu visibles une fois la dalle nettoyée, jouent un rôle essentiel dans la longévité de l’ouvrage, en canalisant les ruptures liées au retrait du béton.

Temps de séchage et cure du béton avant utilisation du garage

Le béton continue d’évoluer longtemps après le coulage. Une dalle en béton de garage peut sembler dure au bout de quelques jours, mais sa résistance mécanique réelle ne sera atteinte qu’après plusieurs semaines. Respecter les temps de séchage et les règles de cure est indispensable pour éviter les fissurations précoces et garantir la performance structurelle prévue par le dimensionnement initial.

Respect du temps de prise : 7 jours minimum avant circulation légère

On estime généralement qu’il faut un minimum de 7 jours avant d’autoriser une circulation légère sur une dalle béton, par exemple pour marcher ou installer du petit matériel. Pour un véhicule, même léger, il est préférable d’attendre au moins 8 à 10 jours avant le premier roulage, en évitant les manœuvres brusques ou les freinages violents. Durant cette période, le béton gagne rapidement en résistance, mais reste encore sensible aux chocs et aux charges concentrées.

Souvenez-vous que presser l’utilisation de votre garage revient un peu à démouler un gâteau trop tôt : en apparence il se tient, mais sa structure interne n’est pas encore totalement stabilisée. Si votre planning le permet, laissez la dalle au repos complet pendant les premiers jours, en la protégeant de la pluie battante, du soleil direct et des chocs thermiques importants.

Cure du béton par arrosage ou film de cure pendant 72 heures

La cure du béton consiste à maintenir une certaine humidité en surface pendant les premières heures et les premiers jours, afin de favoriser l’hydratation du ciment. Sans cure, l’eau s’évapore trop vite, la surface se dessèche et le risque de fissures de retrait plastique augmente fortement, surtout en période chaude ou ventée. Deux solutions principales s’offrent à vous : l’arrosage régulier ou l’application d’un film de cure.

L’arrosage consiste à humidifier la dalle en douceur (sans jet violent) plusieurs fois par jour pendant au moins 72 heures, en évitant de créer des flaques. Le film de cure, quant à lui, se présente sous forme de produit pulvérisé ou de bâche plastique que l’on pose sur la dalle dès que le béton a suffisamment tiré pour ne plus coller. Cette « couverture » limite l’évaporation et assure une montée en résistance plus homogène, particulièrement utile pour une dalle de garage de grande surface.

Délai de 28 jours pour atteindre la résistance mécanique maximale

Selon les normes et les pratiques du bâtiment, la résistance de calcul d’un béton est généralement prise à 28 jours, délai au bout duquel il a atteint environ 100 % de sa résistance caractéristique. Cela ne signifie pas qu’il est inutilisable avant, mais qu’il faut éviter les surcharges ou les efforts extrêmes durant ce premier mois. Pour une dalle en béton de garage standard, vous pouvez stationner votre véhicule après une dizaine de jours, mais essayez de limiter les charges exceptionnelles et les manœuvres répétées pendant 3 à 4 semaines.

Au-delà de 28 jours, le béton continue de gagner encore légèrement en résistance, mais à un rythme beaucoup plus lent. Si vous prévoyez d’appliquer un revêtement (peinture de sol, résine, carrelage), il est souvent conseillé d’attendre que l’humidité résiduelle descende sous un certain seuil, ce qui peut prendre plusieurs semaines supplémentaires. En respectant ces délais et en soignant chaque étape – du calcul de l’épaisseur au coulage, en passant par la cure – vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir une dalle en béton de garage durable, stable et adaptée à vos besoins de stationnement au quotidien.